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MAKAI KINGDOM

Le dernier en date de chez Nippon Ichi Software a changé de nom en passant la frontière entre le Japon et les Etats-Unis. De Phantom Kingdom, il est passé à Makai Kingdom, probablement pour ne pas confondre avec Phantom Brave de la même boite de développement. Une nouvelle fois, le génial éditeur Koei a eu la bonne idée de le publier en France, et à un prix plus raisonnable qu'à l'accoutumée en plus !

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Une histoire de... livre !

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L'histoire qui nous est contée dans ce jeu est vraiment très débile ! Zetta, un "Freaking Overlord" du très connu monde du Netherworld cher à Disgaea, est sur le point de mettre la main sur un livre nommé "The Sacred Tome". Artefact légendaire et surpuissant qui permettrait à ce vil personnage de devenir le maître du monde... Ou du moins d'assouvir sa soif de puissance. Bref, après quelques combats de mise en bouche dans la peau de ce personnage niveau 2000 (quand même), on se retrouve devant le Sacred Tome, flambant rouge. Après un éclat de rire digne de la plus grande ringardise que l'on retrouve souvent chez les méchants personnages de films ou de série, Zetta s'empare du livre et le lit. La mauvaise blague. Il est juste écrit que Zetta est l'être le plus stupide du Netherworld, et que son monde sera détruit. Ce phénomène arrive à l'instant où Zetta lit ces quelques phrases, de même que son corps devient riche en mots et en pages. Et oui, Zetta, cet Overlord si réputé est si puissant n'est maintenant plus qu'un... livre ! Et pas n'importe quel livre puisque c'est en tant que Sacred Tome que Zetta va continuer l'aventure. Le jeu est basé sur ce concept étonnant de livre puisque la plupart des évènements vont découler de souhaits écris dans le "Zetta" Sacred Tome. En effet à chaque chapitre, ses amis Overlords (de plus en plus nombreux au fil du jeu) vont écrire tous leurs délires et leurs blagues dans les pages de Zetta, ce qui aboutira à des mondes à chaque fois différents.

Ces séquences, entre deux chapitres, sont un condensé de rigolade et de bonne humeur. C'est un réel plaisir que de lire les dialogues complètement décalés, les vannes bien cassantes de Zetta et ses compères ou encore les états d'âmes de ces méchants au grand cœur. Il faut quand même avouer qu'hormis ces phases de dialogues plutôt hilarantes, le scénario global est extrêmement vide. Les évènements qui arrivent en plein milieu d'un chapitre sont rares et souvent inutiles. On note un manque d'imagination flagrant au niveau des situations, et cela invite forcément la redondance et à fortiori l'agacement de devoir toujours se battre pour les mêmes raisons. C'est un peu ici le gros problème de Makai Kingdom : on sent que la série TRPG de Nippon Ichi s'essouffle, mais nous y reviendrons dans les prochains paragraphes.

 

Retour en arrière

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Comme d'habitude avec les jeux Nippon Ichi, la réalisation est sommaire, le côté technologie de pointe inexistant et les effets de lumière juste acceptables. Cela dit, on connaît ce problème et l'intérêt est ailleurs et l'on peut se passer de superbes graphismes pour ce genre de jeu (même si cela serait plus agréable). Par contre, le point où j'ai était déçu, ce sont les artworks, ou plus généralement les graphismes lors des cut-scènes. Même si au début, nous assistons à une scène du genre de Phantom Brave, avec de gros sprites bien dessinés et des décors de toute beauté, tout cela s'arrête dès que Zetta se transforme en livre, c'est-à-dire au début du jeu. Les cut-scènes deviennent moches et redondantes (elles se passent à peu près toujours au même endroit). En effet elles utilisent un rendu proche des phases de combats (vue de trois quarts, petits personnages, ...) et sont donc loin d'être convaincantes. Où sont passés les magnifiques décors de La Pucelle : Tactics et Phantom Brave ? Où sont donc passés les somptueux artworks des personnages de Disgaea ? Sur ce point là, il y a eu une forte régression. Heureusement que les dialogues fort drôles sont là pour rattraper la petite qualité des environnements entre deux chapitres.

 

Stratégie, quand tu nous tiens...

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Ah! Une partie importante très prisée des amateurs de TRPG made in Nippon Ichi : le gameplay. Est-il aussi bon que dans les titres précédents ? La réponse est oui, trois fois oui ! Après avoir observé un humour proche de celui de Disgaea, nous nous apercevons que le gameplay est, lui, plus dans le ton d'un Phantom Brave. En effet, on retrouve les déplacements non pas par cases mais libres (dans la limite de la caractéristique mouvement des personnages). Ensuite apparaît la commande "Confine" pour invoquer des personnages dans des objets, sauf que cette dernière n'est disponible que dans les phases de gestion, entre deux combats, pour créer de nouveaux combattants. Rien de très nouveau dans ce processus, un nouveau combattant coûte du mana, récupéré lors des combats, et le nombre de classes et de monstres est toujours aussi affolant. Les phases de gestion sont elles aussi assez classiques et se résument à l'achat et l'équipement de divers objets, au soin des alliés ou encore la discussion avec les différents protagonistes. L'élément nouveau lors de cette phase est intimement lié au scénario du jeu : il est possible de faire des souhaits en parlant à Zetta. Cela offre de nombreux choix, inutiles comme indispensables. Chaque souhait coûte un nombre important de points de mana, et accessoirement la vie du personnage qui fait le souhait. Par exemple, on retrouve la possibilité de créer des donjons aléatoires, des nouveaux types de personnages, des donjons cachés (c'est là que c'est bon) ou encore des bâtiments ! Oui vous avez bien lu, la grande nouveauté de Makai Kingdom par rapport à ses prédécesseurs, c'est l'apparition de bâtiments de toutes sortes et de touts volumes.

Les possibilités stratégiques se voient multipliées avec la mise en place de ces bâtisses, puisqu'en plus de proposer un stockage massif des unités, elles leur octroient des bonus non négligeables. Jugez un peu : +50% d'expérience, +40% d'attaque ou encore +40% de défense. Sachant que l'on peut déployer jusqu'à trois bâtiments sur le champ de bataille, les tactiques les plus folles pourront enfin être mises en œuvre ! Ajoutés à cela, les véhicules font eux aussi leur apparition. Disposants d'un conducteur (plus ou moins habile selon les classes) et de toute une batterie d'équipements, ces véhicules de toutes formes sont un soutien indéniable pour les autres combattants "à pied".

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Le principe d'une bataille est très simple, Zetta est au départ seul sur le terrain, du haut de son niveau 2000. Le hic c'est qu'il ne peut pas attaquer. Sa seule action est d'inviter des autres combattants, ou des bâtiments, afin qu'ils affrontent du mieux qu'ils peuvent les nombreux ennemis. La limite de personnages alliés sur le terrain est de 8, sachant qu'un véhicule compte pour deux (la machine plus le conducteur), le nombre maximal est vite atteint. Lorsque tout ce beau monde est invoqué, les hostilités peuvent débuter. Mouvements, attaques, puis fin de tour, le principe est simple mais terriblement efficace ! De plus, les niveaux sont générés plus ou moins aléatoirement, ce qui permet de redécouvrir le jeu à chaque partie. Les mondes sont décomposés en plusieurs blocs, qui apparaissent lorsqu'un élément "clé" (objet ou ennemi) est détruit. Une carte très petite au départ peut finalement s'avérer gigantesque lorsque tous les blocs sont affichés.

Sur le papier, tous ces principes sont géniaux, rafraîchissants et ingénieux. En pratique, les combats de Makai Kingdom ne sont pas si parfaits que ça. D'une part les cartes, bien qu'immenses pour certaines, sont centrées sur de très petites et étroites zones, souvent des couloirs ou de très petits blocs. Rien de très grave ici, mais après le déploiement de trois bâtiments, un véhicule et six autres combattants, face à une demi douzaine d'ennemis, on se sent pas mal à l'étroit. Ce problème est récurrent à une grande partie des niveaux, heureusement que certains se démarquent par une certaines ingéniosité dans leur architecture ! Le deuxième problème est légèrement plus agaçant, il s'agit d'une difficulté assez basse. Nippon Ichi nous avait habitué à du challenge, à du level-up sans limite et une course constante à l'objet ultime. L'ensemble du jeu se fait sans level-up et avec les armes de niveau normal (la fusion implémentée dans Phantom Brave a disparu, pour notre plus grand regret). De plus le boss de fin est d'une faiblesse irritable. Cela dit, il reste toujours les boss cachés pour retrouver les bons challenges, mais ceci ne rattrape pas la faible difficulté de la trame principale.

 

Nippon Ichi s'essoufle ?

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Dernière déception pour couronner le tout : la durée de vie. Une petite vingtaine d'heure sera nécessaire pour voir le bout de l'histoire de Makai Kingdom. Les derniers chapitres sont vraiment excellents et la fin est un régal. Le jeu mérite d'être fait rien que pour cela ! Si l'on met de côté cette faible durée de vie par rapport à la trame principale, les boss cachés, les nombreuses fins et la possibilités de démarrer un New Game +, très intéressant au demeurant, rallongent sensiblement le temps que vous allez passer sur le jeu. Mais 20h, c'est vraiment court pour du Nippon Ichi. Vous l'aurez compris, mon avis reste mitigé sur Makai Kingdom. Il n'y a rien de vraiment mauvais, mais on ne sent plus l'enthousiasme, la force ou la passion des anciens TRPG de Nippon Ichi. Un peu comme un essoufflement ou une petite baisse de régime. Espérons que cela est nécessaire pour repartir de plus belle lors des futures productions (Disgaea 2 en tête). Makai Kingdom reprend peut-être ce qui a fait la force de Disgaea et Phantom Brave mais il est loin de les égaler dans le plaisir de jeu et l'exploitation des concepts graphiques, scénaristiques et stratégiques !

Zeus

Concepteur Editeur Machine Version testée Difficulté
Nippon Ichi Koei Playstation 2 PAL Facile

 

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Réalisation 11/20 Au niveau des cut-scènes, même si le début est prometteur au niveau des artworks et des décors, le reste est complètement gâché par des petits sprites redondants et mal animés. Quant aux combats, c'est toujours les mêmes graphismes depuis La Pucelle : Tactics.
Jouabilité 17/20 De très bonnes nouveautés, notamment avec les bâtiments, les véhicules ou encore la génération aléatoire des donjons.
Musiques 14/20 Certains donjons ont de très bonnes musiques, d'autres sont insupportables. Au niveau des cut-scènes et de l'ambiance musicale générale c'est du bon travail, avec certains thèmes à la beauté irréfutable.
Durée de vie 14/20 L'histoire principale vous prendra à peu près 20 heures. Après tout dépend de votre motivation pour chasser les boss et donjons cachés.
Scénario 13/20 De moyenne facture, le scénario prend de l'ampleur à la fin du jeu.
Plaisir de jeu 16/20 Après une grosse perte de rythme au milieu de l'histoire, le plaisir de jeu revient dans les derniers chapitres et ne vous quitte plus jusqu'au dénouement final. Les challenges annexes sont toujours aussi agréables !

 

QUALITES
DEFAUTS
  • Les véhicules et les bâtiments
  • Les personnages complètement déjantés
  • Certains thèmes musicaux
  • Faible durée de vie
  • Aucun effort sur les graphismes
  • Baisse de rythme durant une bonne partie du jeu

 

Note Globale 15/20 Avec Makai Kingdom, Nippon Ichi nous livre un jeu qui manque de pêche et de finition pour véritablement s'imposer aux côtés de Disgaea ou Phantom Brave et côtoyer les plus intéressantes productions TRPG en général.

 

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